2020 - Sardaigne - 19 & 20 septembre

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2020 - Tour de Sardaigne

A défaut de pouvoir aller en Asie centrale - pays fermé pour cause Covid - je vais faire un petit tour en Sardaigne. Pour y accéder, j'aurai pu prendre un bateau depuis Toulon. Mais une expérience cuisante lors de mon tour de Corse à vélo où ma voiture avait été volée m'a fait renoncer à cette solution. Alors la nage ? Les avions des compagnies les plus connues depuis Toulouse font d'énormes détours avec au moins un changement. Pour le vélo, ce n'est pas bon. Une seule compagnie fait un vol direct, non pas pour la Sardaigne mais pour Figari dans le Sud de la Corse : Volotea, avec un tarif très correct et des avions Airbus A319-A320. Aucun doute, c'est la meilleure solution. De Figari, une vingtaine de kilomètres me feront rejoindre Bonifacio pour prendre un ferry qui rejoindra en 1h30 le Nord de la Sardaigne. Tout est donc réglé comme du papier à musique ...

MAIS ... la COVID n'a pas dit son dernier mot ! Un message des instances italiennes dans le site du ministère des Affaires étrangères français daté du 13 septembre, indique qu'à compter du 14 septembre toute personne entrant en Italie doit présenter un test négatif datant de moins de 48h ... Douche froide ! ... En regardant bien, le test négatif peut n'être que sérologique et pas obligatoirement PCR. Le résultat du test PCR est donné après plusieurs jours donc impossible dans les 48h. Le test sérologique peut être fait en pharmacie avec résultat en un quart d'heure. Une petite porte entrouverte ?  Trois autres formalités sont obligatoires : remplir de manière manuscrite une déclaration sur l'honneur (imprimé 4 pages) renseignant sur le pays de provenance, l'état négatif du voyageur pour la Covid 19, des renseignements divers, à remettre au capitaine du bateau lors de la traversée Corse - Sardaigne, une déclaration par internet mentionnant date d'entrée, de sortie, de logements ... et une déclaration à enregistrer dans les 48h avant l'entrée en Sardaigne. Donc, je vais essayer de respecter tout cela en croisant les doigts pour que mon test sérologique négatif soit accepté ...

ET PUIS, la compagnie maritime à qui j'ai acheté les billets aller-retour pour faire la traversée Corse - Sardaigne a décidé de cesser son activité le 15 septembre ! Décidément ... me faudra-t-il prendre un vélo-nageur ? Après moult coups de fil, une solution est trouvée avec la seule compagnie maritime qui fait encore la liaison Bonifacio (Corse) - Santa Teresa (Sardaigne) : Moby.

Qui pense encore que pédaler est la plus difficile des choses ?

Samedi 19 septembre 2020 – Retour en Corse

Passer par la Corse du Sud, c'est le plus sûr et le plus rapide pour s'approcher de la Sardaigne. Lol

3H30 : dur d'ouvrir l'oeil. Ma fille Laure a la gentillesse de me conduire à l'aéroport de Blagnac. L'aérogare est quasi vide, des dizaines de vols sont annulés. Les vols pour Bastia et pour Figari sont maintenus. Enregistrement du vélo sans difficulté aucune. Deux heures d'attente pour embarquer. Les rideaux métalliques des magasins s'ouvrent petit à petit. Les masques chirurgicaux sont obligatoires. De grands panneaux demandant le respect des gestes barrières. Sacré Covid ! Un nano à incidence universelle qui génère une trouille mondiale !

Le petit A319 aménagé de sièges un peu rustiques arrive avec un quart d'heure d'avance à Figari. Température correcte 20°C. Il est 7h30. Grosse affluence dans l'aérogare pour des départs Volotea Brest, Paris. Ca change de Blagnac. Le tapis roulant crache les bagages. Le vélo arrive … surprise, bonne, le carton est en bon état ! Le mari de Stéphanie ma logeuse arrive avec un ford max qui accepte l'emballage du Mulet. Sympa d'être venu me chercher à 8h du matin. La maison est proche – une dizaine de kilomètres. Le paysage est tout en relief, la chasse est ouverte, une piste dans le maquis : on arrive. Deux gros chiens, deux chats qui acceptent la cohabitation, deux garçons de 6 et 4 ans qui dorment encore avec leur maman. 

Le remontage du vélo est sans souci. Trouver un magasin pour faire les provisions nécessaires pour la sécurité, me fait aller au village de Figari à environ 8 kilomètres du gite. Quel plaisir de voir des cultures d'oliviers, d'énormes chênes lièges même si la route est très fréquentée par un paquet de véhicules composés – curieux ! - de voitures peu courantes dans nos contrées pyrénéennes, qu'on ne voit … qu'à la télé ! Corse étonnante. D'où vient cet argent qui permet d'acquérir ces énormes et puissants véhicules ! Une supérette Spar me permet d'approvisionner les sacoches. Une cafeteria me tente pour une plâtrée de pâtes avec sauce de veau aux olives – parait-il une spécialité corse, et une bière blonde locale. La note est corsée … mais, bon, oui la Corse est corsée. Il faut bien s'alimenter.

Retour au gite pour pister le Tour de France à la Planche des Belles Filles. Mon nouveau téléphone me permet le visionnage en direct du contre-la-montre. Sacrés Slovènes ... de vraies mobylettes ...

Chaque fois que je dis que je vais en Sardaigne, les visages se plissent. « il y a eu beaucoup de covid », « il n'y a plus qu'une compagnie maritime à faire la liaison » … Y aurait-il quelques soucis entre Corses et Sardes ? 

Dimanche 20 septembre 2020 – Un tigre de papier … le transit vers la Sardaigne

Le réveil sonne. Il fait nuit noire. Le tonnerre et les éclairs ont sévi une bonne partie de la nuit mais sans pluie. La Corse, un enfer doux … sauf qu'il est 3h30 ! C'est l'heure d'hier … Encore un peu de repos donc. Le petit-déjeuner est frugal : café au lait, banane. Je fais les derniers réglages de selle (déterminant, au millimètre près pour le mal aux fesses). Le mulet est chargé. On file retrouver Bonifacio que nous avions découvert (mon Mulet et moi)  lors de la virée en boucle de la Corse.

La route de Figari à Bonifacio

Ah ! des casquettes orange sont postées tous les 150 mètres. Les hommes en poste sont là sur le bord de la route téléphone collé à l'oreille, fusil à la main gauche. Sans doute protègent-ils la faune pour éviter que les voitures les écrasent ?

Figari - Les maisons en granite

Carrefour avec la route d'Ajaccio. Bonifacio n'est plus très loin. Puis carrefour avec Porto Veccio. La ville s'éveille. Je suis à la recherche d'une bouteille de gaz qui se visse. En Corse, on ne voit que des bouteilles de gaz Camping-gaz. Peut-être en Sardaigne trouverai-je ce qui convient pour les réchauds MSR ? La raide pente pour accéder tout là haut après le tunnel est toujours aussi pentue. La vue sur les falaises Sud de l'île est unique. Un ferry sort du port, analogue à celui que je dois prendre à 15h. Le ciel est complètement dégagé. Bonifacio est en réveil touristique : c'est très agréable, avec une température presque automnale et une légère brise. L'embarquement pour les ferries de la compagnie Moby est tout au bout du port juste après les quais pour les immenses yachts. On change de monde là … et on n'est pas de ce monde là.

Fond du port de Bonifacio 

 

Embarcadère du port de Bonifacio

 

Haut de Bonifacio depuis la citadelle

 

 

Entrée du port de Bonifacio (vue depuis le haut de la citadelle)

Bonifacio 14h les bureaux de la compagnie Moby ouvrent. Je montre mes imprimés tout beaux tout en couleurs avec les billets pour les ferries, les multiples copies de déclarations internet, l'imprimé qu'on doit remplir à la main mais après avoir téléchargé le support administratif, mon attestation de Covid négatif … L'employée me dit que depuis hier tout ça ne sert à rien. Je reste sceptique. Côté français, pas de contrôle d'identité, seule vérification qu'on a bien payé le transfert par ferry. Le bateau est quasi vide, juste une petite dizaine de véhicules de tourisme, quelques motos, un vélo.

 

Plateforme d'embarquement des ferries Moby

 

Contrôle de température

 

Zone des catamarans

 

Sortie du port de Bonifacio

 

La sortie par le Sud est splendide. Les falaises blanches de Bonifacio s'étirent jusqu'à voir à l'Est les îles Lavezzi. Le trajet dure quarante cinq minutes.

Bonifacio vue du Sud

Archipel des îles Lavezzi

 

 

Arrivée en Sardaigne à Santa Teresa Di Gallura

A la descente du bateau, trois policiers italiens sont d'astreinte. Descendu dans les tout premiers du ferry, je pousse mon vélo, passe devant ces messieurs, leur fais un grand salut de la tête, et ne me retourne plus. Personne ne me hèle … Je suis en Sardaigne à Santa Teresa Gallura. Tous ces papiers et analyse que j'ai minutieusement préparés … n'ont servi à rien. Belle issue finalement. Dans la nuit, j'avais imaginé plein de scenari jusqu'à la quarantaine en Sardaigne … Comme quoi le scenario le plus simple reste souvent le plus réaliste : saluer poliment la représentation de la maréchaussée et filer le train sans se retourner. Tigre de papierssss donc pour cette covid-19 !